La psychologie analytique (Jung)

Dire d’une formation à la psychothérapie qu’elle est multiréférentielle sans aborder l’oeuvre de Jung et tous les apports de celui ci dans la psychologie contemporaine serait un non-sens. Dans le cadre de sa formation de psychopraticien, l’Approche PEARL vous permet d’étudier les notions fondamentales de la psychologie de Jung.

L’inconscient collectif

Fondateur de la « psychologie analytique », l’Erudit Carl G. Jung a laissé derrière lui un nombre très important d’écrits : 25 volumes… Cependant, ses ouvrages sont riches en digressions de toutes sortes, une véritable jungle faite de symboles, de spiritualités issues de différentes traditions, de théories scientifiques, d’études de cas… etc. Mi-scientifique, mi-médium, en proie à de nombreuses « visions » et hallucinations, il fut considéré comme une sorte de savant un peu illuminé, de sage un peu « fou ».

Malheureusement pour ses disciples, qui disent avoir espéré jusqu’au bout un ouvrage organisé, un essai sur les névroses, un résumé synthétique de son oeuvre, Jung ne s’est imposé aucune « structure » dans ses écrits.

C’est sur la base de son expérience clinique et en partie grâce aux rêves, que Jung découvrit l’existence de l’inconscient collectif. « …On retrouve dans beaucoup de rêves, des images et des associations analogues aux idées, aux mythes, et aux rites des primitifs. » En effet, il existe donc des éléments psychiques archaïques qui sont à la portée de l’être humain, quelle que soit son histoire, sa culture, etc.

Pour Jung, Freud considère trop l’inconscient comme étant une « poubelle » du refoulé. L’inconscient individuel est une chose, l’inconscient collectif en est une autre : une sorte d’océan commun à tous et à toutes, empli de symboles, de forces et d’archétypes en tous genre. C’est cet instinct inné, issu de l’inconscient collectif qui, pour Jung, permet aux oiseaux de construire leurs nids ou aux hirondelles d’annoncer le printemps.

Pour Freud, lorsque nous naissons, nous sommes totalement vierge comme un CD sur lequel rien n’a encore été gravé. Pour Jung, nous naissons avec des mémoires, familiales, ancestrales, mais aussi collectives, communes à toute l’espèce humaine.

En creusant au coeur de cet inconscient là, on découvre l’existence :
– des « complexes » qui sont pour Jung des sous-personnalités faites d’idées et d’émotions. Ils les décrits comme des « aimants psychologiques », ayant leur propre autonomie, et prenant parfois les rênes à la place du Moi.
– des « archétypes ». Comme le cristal, l’archétype possède un noyau de signification invariable, sans toutefois déterminer la forme concrète finale. Par exemple, l’archétype du Héros est commun a beaucoup de traditions (si ce n’est toutes) qu’elles soient mythologiques ou religieuses. Les formes «concrètes » telle que Hercule, Jésus, Sigfried, Moïse ou Ananda ne sont que les finalisations (adaptées à l’époque et à la civilisation) d’un noyau de signification invariable : la lutte pour parvenir à l’évolution ultime de l’homme, et toutes les qualités et vertus qui l’accompagnent (courage, détachement, compassion, partage, etc..)

JUNG arrive à la conclusion que «l’individu est organisé en structures ou complexes, contradictoires entre eux »:

  • La PERSONA s’oppose à l’OMBRE.
  • L’ensemble formé par la PERSONA et l’OMBRE, forme la personnalité, au sens freudien. Cette entité du même sexe que l’individu s’oppose à l’archétype sexuel (Anima – Animus)
  • L’ANIMA ou l’ANIMUS est de sexe opposé à celui de l’individu.
  • La puissance de l’archétype LUMIERE (puissance, connaissance infinie) entre en conflit avec les limitations de la PERSONA et de l’OMBRE.
  • L’apparente simplicité de l’archétype COSMIQUE ou TRANSPERSONNEL s’oppose à l’extrême complexité de l’univers et de l’esprit humain.

Le processus d’individuation

La contribution majeure de Jung à la psychologie contemporaine, outre la notion d’inconscient collectif, est la mise en lumière de l’existence de ce qu’il nommera processus d’individuation, et qu’il décrira comme un chemin de réalisation du potentiel humain.

Le processus d’individuation est une transformation du sujet dans laquelle le champ de la conscience s’élargit progressivement pour englober une partie toujours plus importante de la psyché. Par degrés, l’inconscient devient conscient, et le sujet se déplace du moi (centre de la Persona) vers le Soi (centre de l’Etre Total). « La thérapie va donc être une métamorphose issue de la conciliation des opposés qui va permettre l’émergence d’une vérité latente mais non manifestée. »

Disons donc plus simplement que l’individuation est le chemin de la conscience et de la liberté, c’est l’exigence se faisant valoir à l’homme, lorsqu’il a établi sa place dans le monde : celle d’être vraiment lui-même, être ce qu’il est, tout ce qu’il est, et seulement ce qu’il est.

En somme, c’est une façon de reconnaître l’inconscient et de « faire avec », et non pas un état stable, optimal, terminal, une fin où l’on pourrait se dire « ça y est, j’ai terminé !».

La dernière précision importante à apporter à ce stade, est que « L’individuation n’exclut pas l’univers, elle l’inclut, car elle réintègre l’homme particulier au sein de l’archétype de l’Homme universel, porteur de toute l’expérience de l’humanité. ». Cela signifie que la quête d’individuation est une quête de lien à l’Identité Collective, qui passe par la quête d’Identité personnelle. Penser la cohésion collective comme universelle implique que l’individu ne se définisse plus par son (ou ses) appartenance(s), mais en tant que personne, par là même capable non seulement de lien à l’autre, mais de relation à l’autre en tant que personne.

La méthode est analytique et objective : le moi-témoin commence par observer séparément les constituants de sa psyché et leurs relations réciproques, opération qui, selon Jung, conduit immanquablement à la mise en évidence de dualités opposant, par exemple, la persona à l’ombre, le domaine personnel à l’inconscient collectif, le masculin au féminin, le moi avec ses limites au pouvoir illimité de l’archétype de la sagesse. Le sujet devra alors s’atteler à résoudre chacune des oppositions rencontrées, sachant qu’il lui est interdit d’éliminer un des éléments au profit de son opposé. Il peut en revanche transformer les éléments pour aboutir à la « conjonction des opposés » et réaliser l’unité du Soi.

L’individuation est donc d’abord une démarche de connaissance (comprendre le système). C’est ensuite une transformation personnelle (ré-agencer le système), dans le but d’atteindre une libération (circulation d’énergie interne écologique), et une connexion plus authentique au Soi et à l’Univers (connexion écologique aux autres systèmes).

On aura donc un processus qui se déroule, comme tout changement systémique suivant les phases :

1. Dé-cristalisation (La Persona et le Soi diffèrent)
2. Mouvement (la Quête de Soi, le Voyage du Héros)
3. Re-cristalisation (Pleine conscience du Soi)

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