Psychanalyse et thérapies analytiques

Pourquoi inclure une formation à la psychanalyse dans la certification ?

Dans le cadre de formation de psychopraticien-coach proposé par l’Approche PEARL, est abordée en profondeur une théorie, celle de la psychanalyse, qui va nous permettre :

  • de comprendre l’existence de mécanismes psychiques internes communs à tous les êtres humains d’une part ;
  • d’appréhender que les différences que l’on observe sont le fait de l’expérience individuelle (et donc unique) de chacun, d’autre part ;
  • et de comprendre que l’individu en souffrance psychique est celui dont la carte consciente ne reflète pas le territoire.

Bref historique de la notion d’inconscient

« C’est plus fort que moi », « Mes mots ont dépassé ma pensée » etc etc, sont autant d’expressions passées dans le langage courant pour expliquer qu’une partie de nous-même échappe à notre libre arbitre. Même en cherchant bien, aujourd’hui il est difficile de trouver des individus qui nient l’existence au sein même de chacun d’entre nous, d’une partie que nous nommons bien souvent indistinctement « inconscient » ou « sub-conscient ».

Mais tel ne fût pas toujours le cas. Et en fait, c’est même très récent ! Avant Freud et l’invention de la psychanalyse à l’aube du 20ème siècle, les psychologues et les médecins considéraient dans leur vaste majorité comme psychique ce qui est conscient, et tout ce qui ne l’était pas, n’était pas psychique. Ainsi, en dehors de la pensée consciente, construite, élaborée, tout était perçu comme « non psychique » et donc non psychologique.

Cette situation était en grande partie dû à l’héritage philosophique du siècle des lumières, plaçant l’Homme au sommet de la puissance puisque doté d’une conscience réflexive, ou au contraire, positionnant le libre arbitre comme une illusion et l’instinct comme une règle. Mais en fait la question posée à l’époque est celle de la différentiation entre l’Homme et l’Animal, beaucoup plus que celle de l’essence de l’homme.

Donc, pour résumer simplement la situation, jusqu’à cette époque, tout ce qui touche à ce que nous nommons aujourd’hui l’inconscient est l’affaire de personnes considérée comme farfelues : « magnétiseurs » (qui croient à l’influence d’un fluide magnétique qui libère la conscience) puis les « imaginationnistes » (qui croient en l’influence déterminante de l’imagination du sujet). C’est ainsi que la technique de l’hypnose par la suggestion (aujourd’hui appelée hypnose « classique » ou « clinique ») est née progressivement au 19ème siècle.

Il est intéressant de constater qu’à l’époque, le contingent de personnes travaillant sur le sujet est composé quasi-exclusivement d’hommes d’église et de médecins. Et c’est d’ailleurs, un médecin (Charcot) qui réalise un véritable exploit : faire reconnaitre l’hypnotisme par l’académie des sciences en 1882. Dans la foulée, c’est sous la plume de Pierre Janet en 1889 dans « L’automatisme psychologique » qu’apparaît pour la première fois la nature psychologique et psychopathologique de l’inconscient.

La véritable révolution, la grande prise de conscience concernant l’existence et l’importance de l’inconscient est due aux recherches de Freud qui a remis en cause la conception classique d’un homme maître de lui grâce à sa conscience.

Selon lui, l’homme serait au contraire déterminé par des forces obscures, en d’autres termes « le Moi n’est pas le maître dans sa maison. Il existe quelque chose de plus profond, un inconscient psychique. ». L’inconscient est donc pour Freud l’ensemble des désirs les plus primitifs, souvent sexuels, qu’ils soient refoulés ou originaires, c’est-à-dire, constitutifs de tout homme. En général, on dit que ce sont des désirs refoulés (dans l’enfance) qui le constituent.

Ce qui est nouveau, c’est que l’inconscient freudien est « agissant » (il est doté d’une énergie, force, qui le pousse vers le haut, et de résistance formée par des conflits continus), et possède un contenu propre (des pulsions et désirs refoulés).

C’est donc une entité réelle. Le concept d’inconscient ne se limite donc pas à un réservoir de « contenus » échappant à la conscience. Ces contenus sont dotés d’une signification, ils sont acceptables ou non par la conscience, et donc, « refoulés » par la conscience dans l’inconscient. Il a donc acquis, par rapport à la tradition classique, un sens positif : lieu psychique qui a ses contenus représentatifs spécifiques, une énergie et un fonctionnement propre. Ce n’est pas latent, mais « interdit de cité » (c’est ce que la conscience ne veut pas savoir, et bien souvent, parce que cela va à l’encontre nos valeurs morales).

Freud décrit aussi les propriétés essentielles de l’inconscient que sont le refoulement (opération par laquelle le sujet cherche à repousser ou à maintenir dans l’inconscient des représentations (pensées, images, souvenirs, liées à une pulsion) et la pulsion (processus dynamique qui fait tendre l’organisme vers un but).

Il y a des conflits entre conscient et inconscient : les contenus inconscients cherchant à sortir pour reparaître à la conscience, et la conscience y oppose la force de son refus, la résultante du conflit psychique étant le symptôme.

Principe clé des Thérapies Analytiques

Sigmund Freud, le père fondateur de la Psychanalyse, la décrivait ainsi :

La psychanalyse est un procédé d’investigation des processus psychiques, qui autrement sont à peine accessibles, (…)une méthode de traitement des névroses, (…) une série de concepts psychologiques qui fusionnent en une discipline scientifique nouvelle.

La Psychanalyse s’attache au « Pourquoi », à la mise en sens des choses. Cette « cure par la parole » sert à éclairer les parties sombres, inconscientes et indomptables du psychisme afin de vivre mieux, plus léger, et dans une plus grande conscience de soi-même et de la vie.

La découverte de l’inconscient à permit de mettre à jour le fait qu’il existe un sens là où il semblait en manquer. Si dans un rêve ou au sein même d’un symptôme le sens paraît absent, c’est qu’il manque à la conscience certaines clés, un certain nombre de maillons de la chaîne sont manquants pour que le symptôme gênant disparaisse.

Où sont ces fameux maillons ? Ces représentations disparues sont passés dans « l’oubli » et stockées dans l’inconscient de la personne. Le travail sera donc d’aller fouiller avec dextérité dans l’inconscient pour que cette partition aux notes à demi effacées puisse être déchiffrée et jouée. Plus le contenu de l’inconscient remonte au conscient, plus la personne se libère de ses névroses, de ses peurs, et de ses symptômes en tous genre.

Avec la Métapsychologie : Freud propose une représentation théorique de la vie psychique organisée selon 3 points de vue, selon lesquels il est possible d’examiner ce qui se passe dans le psychisme :

  • Dynamique : la personnalité vue comme le fruit de mécanismes produits par toutes les forces antagonistes qui opèrent dans l’appareil psychique ;
  • Topique :  les lieux, les instances psychiques (celles-là même qui entrent en conflit) ayant chacune leur fonction ;
  • Economique : La métapsychologie considère que le désir est d’abord une poussée constante et insatiable. La description du désir sera donc énergétique et quantitative, même si non-mesurable.

La Psychanalyse et toutes les révélations qu’elle a pu apporter au monde, a certes commencé avec Freud mais ne s’arrête pas avec lui. Longtemps appelée « la science nouvelle » lorsqu’elle est apparu au début du siècle dernier, elle n’est pas une science faite de « vérités absolues » même si plus tard, grand nombre de psychanalystes en ont parfois fait un dogme. La psychanalyse est un des courants les plus éclairants pour comprendre comment fonctionne l’être humain, mais elle se comprend, s’intègre et gagne en profondeur à travers l’étude de multiples théories qui ont vu le jour pendant la vie de Freud et surtout après sa mort.

C’est une des raisons pour lesquelles nous mettons un point d’honneur à vous transmettre dans notre cursus les théories et les pratiques telles que l’ennéagramme, le processus d’individuation de Jung, l’Analyse Transactionnelle d’Eric Berne, et tant d’autres outils qui permettent de se connaître soi en profondeur, de prendre conscience de ses limitations et de mettre en place des outils concrets pour s’en libérer, et enfin de pouvoir accompagner vos patients/clients dans un grand respect de l’âme humaine.

En France, la plupart des psychothérapies ont été ainsi grandement influencées, directement ou indirectement, par la psychanalyse, ce qui a donné naissance à la dénomination de « psychothérapie d’inspiration psychanalytique » ou, plus simplement de « thérapie analytique ». De telles appellations sont de fait un peu vagues car elles recouvrent des situations et des modes d’intervention très variés, tant dans le rythme et la durée des séances, que sur la manière dont le thérapeute va intervenir.

Schématiquement, on pourrait dire que cette influence de la psychanalyse se retrouve principalement de deux manières :

  • d’une part, dans la façon dont le thérapeute comprend les problèmes de son patient au moyen de concepts psychanalytiques comme l’inconscient ou le refoulement, ainsi que dans l’importance de l’exploration du développement de la petite enfance ;
  • d’autre part, parce que le thérapeute utilise pour « soigner » l’analyse de la relation et des sentiments qui s’engagent avec le patient, c’est-à-dire le transfert et le contre-transfert (concepts abordés dans le module traitant en détails de la relation d’accompagnement).

Au delà des moyens et outils utilisés (Hypnose, Divan etc etc), il s’agit donc d’accompagner la personne à prendre conscience de ce qui est inconscient, à revivre pleinement l’expérience et à laisser s’exprimer les émotions et pensées associées. Le principe consiste à sortir du refoulement car toute expérience conscientisée est vivable.

L’objectif de la pratique thérapeutique dans l’Approche PEARL n’est pas la guérison du patient par l’élimination des symptômes, mais beaucoup plus la libération par l’intégration des causes.

L’élément clé dans ce processus d’intégration est la mise en sens de l’expérience. Concrètement ceci se passe suivant le principe de l’association libre où le patient est invité à dire tout ce qui lui passe par la tête. Grâce au travail associatif du patient et au travail interprétatif du psychanalyste, l’analysant (le patient) peut revisiter son histoire, y donner un sens nouveau et actualisé, se débarrasser de schèmes répétitifs; on peut dire qu’il devient en quelque sorte, sujet de son histoire.

Le praticien a bien évidement un rôle majeur en facilitant la conscientisation qui vise à éliminer les refoulement. Il a aussi un rôle déterminant dans l’accompagnement du processus d’abréaction, c’est à dire le processus de décharges émotionnelles qui, en libérant l’affect lié aux souvenirs d’un traumatisme jusqu’alors refoulé, en annule les effets pathogènes.

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