La posture du Psychopraticien

Pourquoi parler de la posture du Psychopraticien ?

Dans le cadre de formation de psychopraticien proposée par l’Approche PEARL,  nous présentons  la posture du psychopraticien comme un des éléments déterminants de la psychothérapie. Cette posture du psychopraticien consiste à savoir entendre et prendre en compte les croyances, points de vue, représentations, images et affects que la personne (client, patient) est amenée à porter sur sa propre expérience de vie, son environnement, ses relations.

La posture du Psychopraticien (ou du coach) n’a pas pour objectif d’évaluer ce qui est « bon », « mal », « intelligent » ou « idiot » dans le récit de son interlocuteur, mais bel et bien d’appréhender ce qui se joue, ce qui se déroule dans le psychisme de la personne. En d’autres termes, il s’agit d’en saisir les mécanismes, d’en saisir le réseau, l’arborescence, puis enfin… les répercussions.

Le psychopraticien, un explorateur neutre et bienveillant de la carte du monde de son patient

Dans l’article « Forme, substance et différence », Gregory Bateson (un des inventeurs de la PNL) reprend la célèbre formule du sémanticien Korzybski : « la carte n’est pas le territoire ». La formule est restée bien que l’homme ait été pratiquement oublié. Cette phrase si répandue signifie que nous avons chacun une manière qui nous est propre de nous représenter la réalité, que nous avons chacun notre « carte du monde » à nous. La réalité est donc par essence subjective.

À partir de quoi fait-on une carte ? À partir des « différences » du territoire. Le territoire en tant que tel, n’entre dans aucune carte.

La carte inscrit par exemple des différences d’altitude, de composition du sol, de climat, etc. Une différence, un « delta » est quelque chose d’abstrait que l’on marque sur la carte, qui possède un code d’entrée, une échelle, qui n’existe pas « en réalité » dans le territoire mais qui cependant en facilite la lecture.

Lorsqu’on souhaite devenir accompagnant, il est essentiel de comprendre la différence singulière qui distingue le métier de Psychopraticien du métier de Consultant ou de Conseiller :
Le Consultant propose sa propre carte et la « vend » comme étant la plus adaptée, la meilleure selon la situation et le client, donc : il donne des conseils. Le point de vue du Consultant est : « L’Autre est par définition perdu donc je vais lui montrer une carte pour qu’il s’y retrouve »;

Le Psychopraticien, comme le coach de vie, appréhende la carte du patient/client : il questionne son contenu, ainsi que tous les codes d’entrées (croyances, bénéfices secondaires…) sur lesquels repose l’élaboration de la carte, et accompagne ainsi le patient dans une remise en cause progressive, une « mise à jour » autonome de sa propre carte. Le point de vue du psychopraticien serait : « L’Autre est par définition, l’expert de sa propre façon de voir la vie, pourquoi ne pas le laisser me faire une visite guidée de sa carte du monde ? »

Alors que le conseiller (ou consultant) analyse la situation, propose des solutions aux problèmes rencontrés, le coach de vie et le psychopraticien accompagnent par le questionnement le patient/client dans une démarche de remise en cause et de (re)découverte de soi qui l’aidera à trouver les solutions adéquates et à prendre les décisions par lui-même, pour lui-même.

Un praticien en psychothérapie n’est pas un expert dans un domaine technique (ce serait même contre-productif car il risquerait de sortir de son rôle et donc de commencer à conseiller) contrairement au consultant qui est spécialisé. Les « seuls » domaines d’expertise du psychopraticien doivent être ceux de la nature humaine, des relations humaines, de la psychopathologie et de la maïeutique (l’art de faire accoucher les personnes de leurs propres solutions en leur posant les bonnes questions).

Tous ces éléments font de la posture du Psychopraticien la clé d’un accompagnement réussi.

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