Psychologie Analytique de Jung 2017-12-11T17:11:03+00:00

La Psychologie Analytique de Jung

Dire d’une formation à la psychothérapie qu’elle est intégrative sans aborder l’oeuvre de Jung et tous les apports de celui-ci dans la psychologie contemporaine serait un non-sens. Dans le cadre de sa formation de psychopraticien, l’Approche PEARL vous permet d’étudier les notions fondamentales de la psychologie Jungienne.

Carl Gustav Jung

La psychologie analytique est une théorie élaborée par le psychiatre Carl Gustav Jung, pour étayer les fondements de sa pratique psychanalytique. Il s’agit donc d’une démarche psychanalytique au sens classique du terme, en ce sens qu’elle se fonde sur le pouvoir créateur et libérateur de la parole.

Les travaux de Jung furent considérablement influencés par la forte présence de la religion dans son enfance (son père était pasteur). Il considérait en effet que l’homme possède en lui la figure divine à condition qu’il se dégage de ses conditionnements et accepte d’entrer en lui pour rechercher sa totalité (son Soi). Contrairement à Freud qui voyait la Libido comme une énergie d’origine sexuelle, Jung la perçoit comme une énergie psychique qui touche toutes les dimensions de l’Etre (spiritualité, psychisme, corps) et qui l’invite à la reconnexion avec sa singularité. Pour Jung donc, il existe chez l’homme une aspiration profonde à retourner dans la matrice de l’inconscient pour y vivre une sorte de « re-naissance » intérieure. Cette aspiration comporte une dimension spirituelle.

Par ailleurs, à l’inverse de la psychanalyse freudienne, qui considère l’Inconscient un réservoir à pulsions et comme un lieu de stockage de tout ce que la personne a pu refouler, la psychologie analytique Jungienne propose que l’Inconscient fait partie de la biologie du sujet.

Pour le dire autrement, Jung estime que Freud considère trop l’Inconscient comme étant une « poubelle » du refoulé. Pour Jung, nous naissons avec des mémoires, familiales, ancestrales, mais aussi collectives, communes à toute l’espèce humaine. La théorie jungienne postule ainsi, en plus de l’existence d’un inconscient personnel (freudien), celle d’un Inconscient Collectif, plus archaïque, issu des réalités biologiques et des traces transmises et reconstituées à chaque génération tel un patrimoine des premières civilisations, dont chaque individu est porteur.

L’inconscient collectif

L’inconscient collectif peut être imaginé comme une sorte d’océan commun à tous et à toutes, empli de symboles, de forces et d’archétypes en tous genre. On pourrait parler de l’inconscient collectif comme un véritable patrimoine psychique de l’humanité. C’est cet instinct inné, issu de l’inconscient collectif qui, pour Jung, permet aux oiseaux de construire leurs nids ou aux hirondelles d’annoncer le printemps.

Il dira : « Les instincts et les archétypes constituent l’ensemble de l’inconscient collectif. Je l’appelle « collectif » parce que, au contraire de l’inconscient personnel, il n’est pas fait de contenus individuels plus ou moins uniques ne se reproduisant pas, mais de contenus qui sont universels et qui apparaissent régulièrement »

En creusant au coeur de cet inconscient collectif, on découvre l’existence :

  • des « archétypes » : comme le cristal, l’archétype possède un noyau de signification invariable, sans toutefois déterminer la forme concrète finale. Par exemple, l’archétype du Héros est commun a beaucoup de traditions (si ce n’est toutes) qu’elles soient mythologiques ou religieuses. Les formes «concrètes » telle que Hercule, Jésus, Sigfried, Moïse ou Ananda ne sont que les finalisations (adaptées à l’époque et à la civilisation) d’un noyau de signification invariable : la lutte pour parvenir à l’évolution ultime de l’homme, et toutes les qualités et vertus qui l’accompagnent (courage, détachement, compassion, partage, etc..).
  • des « complexes » qui sont pour Jung des sortes d’archétypes que l’on a soi-même personnalisé, rendu « sien », ceux-ci sont donc devenus des sous-personnalités faites d’idées et d’émotions. Ils les décrits comme des « aimants psychologiques », ayant leur propre autonomie, et prenant parfois les rênes à la place du Moi.

Parmi les archétypes/complexes, citons particulièrement :

  • la Persona (notre image sociale qui dissimule, y compris à nos propres yeux, notre Etre véritable)
  • l’Ombre (tout ce qui est incompatible avec la personne que l’on souhaite être, ce que l’on peut trouver honteux, et tout ce que l’on préfère ignorer sur soi-même : nos parties reniées)
  • l’Animus (la part de masculin chez la femme)
  • l’Anima (la part de féminin chez l’homme)
  • le Soi (l’Essence de l’Etre)

Ainsi chaque individu serait influencé et même piloté à la fois par son Inconscient personnel lié à ses expériences de vie propre, mais également par la part d’inconscient Collectif et les archétypes présents dans sa psyché.

L’enjeu de la psychothérapie analytique Jungienne est donc d’accompagner l’individu dans la rencontre (mise en conscience) avec ces archétypes, dans leur mise en expression (par la parole, par le mandala, par la mise en symboles), dans leur écoute, et dans leur intégration.

Le processus d’individuation

Formation en psychothérapie jungienne et mandala

Ceci se déroule au sein d’un processus que Jung a nommé processus d’individuation, et qu’il a décrit comme un chemin de réalisation du potentiel humain. Le processus d’individuation est une transformation du sujet dans laquelle le champ de la conscience s’élargit progressivement pour englober une partie toujours plus importante de la psyché. Par degrés, l’inconscient devient conscient, et le sujet se déplace du Moi (centre de la Persona) vers le Soi (centre de l’Etre Total). « La thérapie va donc être une métamorphose issue de la conciliation des opposés qui va permettre l’émergence d’une vérité latente mais non manifestée. »

Disons donc plus simplement que l’individuation est le chemin de la conscience et de la liberté, c’est l’exigence se faisant valoir à l’homme, lorsqu’il a établi sa place dans le monde : celle d’être vraiment lui-même, être ce qu’il est, tout ce qu’il est, et seulement ce qu’il est.
Le processus d’individuation peut être vu comme ceci : la personne commence par observer séparément les différentes parties qui vivent dans son psychisme et les relations que ces parties entretiennent entre elles. Selon Jung, cela conduit à la mise en évidence de dualités et de contraires.

Par exemple, la Persona opposée à l’Ombre, ou le masculin au féminin, le Moi-limité opposé à l’archétype-illimité de la sagesse. La personne, sera invité à réunir les opposés pour chacune des oppositions rencontrées dans ce travail d’observation et de reconnaissance des parties, tout en sachant que le but n’est pas d’éliminer un des éléments au profit de son opposé. Elle pourra par contre transformer les éléments pour arriver à la « réunification des opposés » et ainsi, se rapprocher du Soi, de sa totalité.

L’individuation est donc d’abord :

  • une démarche de connaissance de soi-même (comprendre le système que l’on est).
  • C’est ensuite une transformation personnelle (ré-agencer le système que l’on est),
  • dans le but d’atteindre à la fois une libération (circulation d’énergie interne écologique), et une connexion plus authentique au Soi et à l’Univers (connexion écologique aux autres systèmes).

Psychologie analytique de Jung et psychanalyse Freudienne

La psychologie analytique diffère donc singulièrement de la psychanalyse classique dans sa théorie, mais aussi dans sa pratique. Au delà du « décodage » de l’inconscient personnel, la praticien accompagne réellement son patient dans un dialogue avec les représentations (images et symboles) que lui proposent son inconscient, notamment au travers des rêves.

Pour Jung, la névrose est avant tout une désunion avec soi-même. Son message est que, pour peu que nous acceptions de regarder à l’intérieur de nous, un changement est possible. Il s’agit ici beaucoup moins de décoder que de répondre à ce que l’inconscient tente de manifester. Cette réponse peut se faire en actes concrets (actions) ou symboliques (rituels).