La formation du psychopraticien – praticien en thérapie existentielle

L’Approche PEARL s’adresse à toute personne désireuse d’allier l’apprentissage de connaissances et de pratiques permettant d’exercer un métier d’accompagnement avec une réflexion en profondeur sur elle-même.

La thérapie existentielle dans l’Approche PEARL est d’abord et avant tout philosophique. Elle s’intéresse à la compréhension du rapport que les gens entretiennent avec le monde et à la clarification de ce que signifie pour eux le fait de vivre en tant qu’être humain. Le psychopraticien existentialiste explore ces questions avec une attitude réceptive, plutôt que dogmatique.

Son but est la recherche de la vérité avec un esprit ouvert et une attitude d’émerveillement et non pas l’établissement d’un diagnostic reposant sur des catégories et des interprétations préétablies.

L’existentialisme est avant tout une tendance philosophique et littéraire qui se caractérise généralement par le rejet des théories abstraites qui cherchent à dissimuler les tumultes des vies humaines. Nous avons sur le monde une perspective en première personne : les besoins, les désirs et les émotions sont en réalité toujours subjectifs.

Philosophie de la thérapie existentielle approche PEARL

L’approche existentielle considère la nature humaine comme étant ouverte, flexible et capable d’une vaste gamme d’expériences. La personne est en constante évolution, elle se crée au fur et à mesure qu’elle existe, il n’y a pas de « Moi » essentiel et fixe, raison pour laquelle les penseurs existentiels évitent les modèles restrictifs qui catégorisent ou étiquettent les gens. Au lieu de cela, ils recherchent les données universelles qui peuvent être observés de manière transculturelle. Il n’y a pas de théorie existentielle de la personnalité qui divise l’humanité en types ou réduit les gens en composants élémentaires. Au lieu de cela, il y a une description des différents niveaux d’expérience et d’existence auxquels les gens sont inévitablement confrontés.

L’existence ne s’étudie pas, elle se vit, elle est faite de questions et de choix, qui sont autant de renoncements, c’est précisément là où réside son sens. Il en est de même pour l’appropriation par une personne de la pensée des philosophes de l’existence : elle doit choisir de retenir tel ou tel point de vue, et surtout d’expérimenter comment cela résonne en elle, c’est à dire comment elle se sent exister à travers cela.

En fin de compte, même si la philosophie de l’existence n’offre pas de solutions à nos questionnements, elle offre des possibilités d’approfondir nos questionnements et ainsi de dépasser nos réponses premières, souvent effectuées sans réflexion. L’exploration de la philosophie existentielle amenant plus de questions que de réponses, plus de doutes que de vérités objectives, elle constitue un processus de dissolution de nos croyances à propos des choses, du monde et de nous-même. Ce processus nous ébranle, il nous touche, tant il nous impose une révision majeure de notre propre existence. C’est sans doute la principale difficulté : dépasser nos résistances et renoncer à l’archaïque désir de compréhension, de certitude, de contrôle et de maîtrise.

Avant l’apprentissage d’outils, techniques et méthodes diverses, nous valorisons la connaissance et la reconnaissance de soi, fruit d’un travail d’introspection individuel.

Le « Connais-toi toi-même » de Socrate, s’applique à notre démarche de formation de psychopraticien, puisque nous considérons qu’il n’est possible d’apporter aux autres que ce que nous possédons pour nous-même (considération, compassion, respect, écoute…). Accompagner un être humain et toute la complexité de celui-ci présuppose un travail sur soi en profondeur.

On ne peut être simultanément l’observateur et l’observé pour réaliser ce travail en profondeur. En conséquence, suivre une thérapie existentielle et/ou humaniste en parallèle de la formation pendant toute la durée du cursus est obligatoire si vous désirez obtenir la certification. L’avancée de votre thérapie servira aussi de « support » et de complément aux séances de supervision qui auront lieu avec nous tout au long des trois années de formation.

Devenir-psychopraticien-travail-sur-soi

Un psychopraticien en thérapie existentielle n’est pas un expert dans un domaine technique (ce serait même contre-productif car il risquerait de sortir de son rôle et donc de commencer à conseiller) contrairement au consultant qui apporte des conseils sur la base de son expérience technique. La tâche du thérapeute existentiel ne consiste pas à chercher à imposer un changement directif ou à améliorer le monde relationnel de la personne, mais plutôt à tenter de le clarifier afin que ses croyances et ses valeurs implicites puissent être rendues explicites. Une fois explicitées, elles peuvent alors être réexaminées et reconsidérées.

Les « seuls » domaines d’expertise de l’accompagnant doivent être ceux de la condition humaine, des relations humaines, et de la maïeutique (l’art de faire accoucher les personnes de leurs propres solutions en leur posant les bonnes questions).

La posture du praticien en thérapie existentielle

Le psychopraticien qui accompagne en thérapie existentielle et qui a compris son métier sait qu’il ne sait pas ce qui est déterminant pour régler le problème de la personne qui vient le consulter.

Il a en revanche la conviction que le plus important va être de contribuer à créer un contexte favorable permettant à la personne de cheminer pour mieux expliciter, mieux explorer et enfin dissoudre (et non pas résoudre) les problèmes qu’elle est venu dépasser et reprendre le cours de son individuation. En ce sens, le praticien en thérapie existentielle, avant tout, confirme la personne dans son droit à être comme elle est.

L’attitude de « non savoir » qui est requise pour le thérapeute existentiel, fait référence à l’acceptation inconditionnelle du thérapeute et à sa curiosité vis à vis du contenu des récits de la personne à propos de sa façon d’exister dans le monde aussi bien dans l’espace thérapeutique et de la manière qu’a la personne de présenter et/ou de se représenter les choses.

Philosopher-Posture_psychopraticien_approche_pearl

L’acceptation du thérapeute existentiel peut être définie à partir des affirmations suivantes :

  • 1. Toi, la personne qui vient me voir, tu as le droit d’être qui tu es, comme tu es en train d’être.
  • 2. Moi, le thérapeute, j’ai le droit d’être qui je suis, comme je suis en train d’être.
  • 3. Ensemble, avons le droit d’être l’un avec l’autre tel que nous sommes en train d’être.

La curiosité du thérapeute existentiel et le grand intérêt porté à la personne en face de lui est à la source des questions et des reformulations qui jalonne la thérapie :

  • 1. Comment est-ce d’être cette personne qui est présente ici et maintenant ?
  • 2. Comment est-ce de vivre les affirmations, questionnements et attitudes communiquées par cette personne ?
  • 3. Comment est-ce pour moi, le thérapeute, d’être en présence de cet « autre » ?
  • 4. Comment est-ce pour moi, le thérapeute, d’essayer d’accueillir la façon d’être de cet autre tel qu’il l’exprime?
  • 5. Comment est-ce pour moi et pour la personne, de vivre l’expérience de « nous » interagissant l’un avec l’autre ?

Dans notre vision de la thérapie, le praticien n’est ni l’expert, ni le copain chaleureux, ni un non-humain, il est une personne « vraie ». Cela veut dire que quand nous décelons une contradiction dans le discours d’une personne, ou même un doute dans sa sincérité, il est possible de parler de cette différence perçue, de la reconnaître, de la questionner avec curiosité ou de la noter sans jugement, non sous la forme de « ça, c’est bon et ça, ce n’est pas bon », mais simplement « ça, ça existe dans ma perception, et dans la votre ? ».

L’idée de la psychothérapie telle que nous la concevons est que c’est la relation qui « soigne ».

Présentation vidéo

La Relation

Selon nous, un praticien en thérapie existentielle doit être capable :

  • de présence (le psychopraticien est réceptif, présent avec cette personne, dans ce moment-là, il est attentif, à l’écoute de ce qu’elle dit, à l’écoute de ce qu’il pense.)
  • d’authenticité (le thérapeute peut être amené à partager son ressenti à propos de ce que suscite en lui le dialogue avec la personne, dans l’unique but de lui permettre de développer une plus grande conscience d’elle-même)
  • d’humilité relationnelle (nous reconnaissons que ne parvenons pas toujours à faire abstraction de nos propres opinions et interprétations)
  • de respect et de considération positive (chaque être humain a une valeur substantielle égale aux autres)
  • de loyauté (capacité à s’engager et à tenir son engagement, mais aussi à reconnaître ses limites de compétences)

Public concerné

Vouloir accompagner l’éclairement de l’existence de l’autre, c’est prétendre à un métier ou une activité qui requiert des qualités et qui comporte aussi beaucoup de responsabilités.

Les thérapeutes existentiels se doivent selon nous d’être dignes de confiance, empathiques, sincères et aimables. Ils se doivent également de posséder d’excellentes compétences en communication et travailler constamment pour aligner leur comportement sur leurs valeurs, croyances et philosophies personnelles. Il se trouve que ces qualités ne sont pas « mesurées » par les formations académiques et universitaires. En revanche, pour pouvoir suivre et intégrer le niveau de complexité des informations que nous communiquons pendant les stages, nous estimons qu’avoir au minimum le bac, ou son équivalent est nécessaire. Notre formation est ouverte à tous ceux qui souhaitent travailler sur eux-même en profondeur avant tout, quel que soit leur parcours académique et professionnel. La majorité de nos apprenants sont des particuliers en reconversion professionnelle ou des pré-retraités souhaitant continuer à apporter leur contribution au développement de leur prochain.

Bien entendu, il est recommandé d’avoir un minimum de culture dans le domaine de formation souhaité. Nous sommes donc particulièrement vigilants quant à l’existence d’un socle de connaissances (lectures, participation à des formations et/ou conférences) en psychologie, en philosophie, en sciences sociales, en développement personnel et/ou spirituel.

Dans notre formation, nous favorisons l’inscription des personnes déclarant avoir déjà suivi une « tranche » de psychothérapie ou un parcours de développement personnel au travers de formations, de stages ou par le biais d’une expérience professionnelle significative dans la relation d’aide. Plus globalement, il est indispensable selon nous d’avoir une véritable passion pour l’être humain et non simplement un fort intérêt pour la relation d’aide.

Les personnes qui envisagent de suivre une formation en thérapie existentielle se posent parfois des questions telles que : « Vais-je être capable de comprendre cette théorie ?», « Allons-nous devoir lire Kierkegaard et Sartre ? », « Puis-je y arriver si je n’ai aucun bagage en philosophie ? » . Disons-le très clairement : vivre en existentialiste et pratiquer en tant que thérapeute existentiel présuppose de disposer d’une connaissance suffisante de la philosophie, que nous vous inviterons à développer pendant le cursus.

Mais par connaissance de la philosophie, nous n’entendons pas le fait d’être capable de citer Descartes, Spinoza ou Épicure mais une ouverture d’esprit à la pratique philosophique.

Le principal pré-requis : le futur participant aura un entretien téléphonique ou en face à face avec un des responsables de la formation, afin de mesurer l’adéquation entre la formation proposée et ses attentes, ses projets professionnels et ses motivations personnelles. Cliquez-ici pour en savoir plus sur le déroulement du processus d’admission.

Notre engagement : une fois certifié, le psychopraticien débutant aura acquis une posture relationnelle centrée sur l’autre, une présence à lui-même, ainsi que des méthodes pratiques qui garantissent ses compétences.

Concrètement, vous saurez, à l’issue de votre parcours de formation de psychopraticien :

  • Utiliser lors de vos séances les apports des principaux concepts et auteurs liés à l’existentialisme en philosophie et en thérapie
  • Créer et maintenir une alliance thérapeutique forte avec votre interlocuteur
  • Pratiquer la communication authentique et l’écoute active
  • Utiliser la méthode de questionnement socratique
  • Utiliser la méthode d’investigation phénoménologique
  • Piloter le processus thérapeutique
  • Clôturer une thérapie
  • Etablir votre activité professionnelle et élaborer votre communication professionnelle
  • Reconnaître vos limites professionnelles