Ennéagramme Base 5 : Quête de connaissance

La Base 5 en quatre concepts clés :
Cérébral, Perceptif, Secret, et Isolé.

Energie mentale

Les individus de Base ennéagramme 5 ont la sensation de pouvoir se défendre contre un monde qu’ils vivent comme intrusif en se réfugiant dans la sécurité de leur esprit. Les gens qui font du 5 ont tendance, par conséquent, à approcher la réalité avec une certaine distance et à demeurer suffisamment peu impliqués dans les situations pour pouvoir s’en extraire au besoin. Ils se sentent à l’aise et « à la maison » quand ils sont dans le domaine de la pensée. Ils ont l’esprit constamment occupé, sont inlassablement curieux, observateurs, perspicaces et sont souvent intellectuellement provocateurs, parfois mêmes cyniques ou condescendants. L’immense majorité des 5 ont au moins quelques domaines d’expertise, qu’ils cultivent avec une véritable passion.

Il n’est pas rare donc pour les personnes en Base 5 d’être des intellectuels au sens classique du terme, et de nombreux penseurs ou scientifiques célèbres ont été de cette base ennéagramme (Aristote, Hegel, Descartes, Einstein, Hawking…). Mais, bien entendu, tous les individus de Base 5 ne gagnent pas leur vie en travaillant dans des professions intellectuelles. Certains préfèrent restreindre leur activité mentale à la sphère privée, et gagnent au contraire leur vie en exerçant une activité professionnelle qui ne mobilise que très peu d’énergie intellectuelle.

Ces 5 sont reconnaissables à leur besoin d’intimité, à l’accent mis sur la compétence, et à leur attitude d’indifférence marquée vis à vis de la hiérarchie, des jeux de pouvoir, des règles et des procédures en vigueur dans le monde du travail. Ils dénotent aussi généralement par leur façon d’afficher une vision idiosyncratique du monde, qu’ils ont tendance à distiller par bribes, souvent par voie de saillies ou de bons-mots stratégiquement positionnés , mais parfois aussi par l’intermédiaire de diatribes ou de dissertations interminables.

Retrait

Ce que les autres remarquent chez les individus en base 5, parfois même juste intuitivement, c’est qu’une partie d’eux n’est pas vraiment présente. Cette partie, c’est la part d’eux-même que les 5 réservent pour eux seuls ou qu’ils souhaitent ne partager qu’avec quelques happy-few. Pour la plupart des personnes en Base 5, c’est la plus grande partie d’elles-même qui est ainsi gardée en réserve. Donc, s’il est faux de dire que tous les 5 sont des « intellectuels », tous partagent néanmoins certaines caractéristiques de base. En particulier, ils ont tous tendance à utiliser ou à sur-utiliser leurs capacités analytiques objectives pour aborder les situations quotidiennes de leur vie. La formule générale pour la compréhension de cette base 5 consiste à reconnaître que c’est leur pensée logique qui a le contrôle de leur vie, que l’émotion est vécue comme une interférence dans la pensée, et que les instincts sont des reliquats d’animalité irrationnelle. On comprend alors pourquoi, de par cette quasi-obsession du pragmatisme, il est souvent si difficile pour les personnes qui font du 5 d’apparaître spontanées, d’exprimer un point de vue dans l’instant, de passer à l’action rapidement, et en quoi les notions d’improvisation ou d’intuition sont pour elles quasiment incompréhensibles.

Ces personnes sont souvent mal à l’aise dans le domaine des relations sociales. Cela s’explique en partie par leur côté excentrique, au sens « étrange » du terme, qui provient du fait qu’ils passent tellement de temps dans le domaine de la pensée qu’ils apparaissent très facilement déconnectés de la réalité de l’existence, un peu comme si toute l’énergie consommée à s’expliquer les choses faisait défaut lorsqu’il s’agit de s’impliquer dans le monde. Les individus de base 5 ont confiance en la justesse leurs propres raisonnements et ne ressentent que très peu le besoin de remettre en cause leurs croyances ou leurs conceptions des choses pour accueillir les opinions de la majorité, opinions qu’ils jugent d’ailleurs souvent peu profondes, voire parfois «stupides». Cette attitude peut amener les autres à les trouver « bourrus », froids et cyniques.

Chez la plupart des gens qui font du 5, on retrouve une capacité très réduite à supporter les conversations mondaines qui manquent de fond, ce qui les amène à considérer la plupart des interactions sociales comme étant des « draineurs d’énergie ». Lorsqu’ils sont confrontés à des situations (fêtes de familles, par exemple) où il est obligatoire de socialiser avec des personnes qu’ils trouvent inintéressantes (la plupart des gens, donc) ils trouveront souvent un moyen de s’en extraire par la porte de service quand personne ne regarde. Le problème social des 5 tourne autour du fait qu’il leur est difficile de tendre la main aux autres, même quand ils tiennent beaucoup à établir une connexion. Ce qui se cache derrière cela est une peur d’être happé par l’autre, qui risque d’exiger beaucoup de moi alors que je crois en posséder si peu (d’énergie, d’information, de temps…). Ils peuvent, par conséquent, devenir socialement isolés et souffrent parfois de solitude.

Sensibilité

Contrairement à l’idée reçue, ces personnes de Base 5 ont tendance à être sensibles et à se sentir fragiles, et leur souci justement est qu’elles ne se sentent pas suffisamment solides pour faire face à un monde extérieur qui est vécu comme étant extrêmement dur et exigeant. Ils sont en règle générale doués d’une grande finesse de perception leur permettant de lire et d’entendre les sentiments et pensées inexprimées par leur interlocuteur. Leur ego étant ainsi doté de frontières très poreuses vis à vis du monde extérieur, ils sont très facilement affectés par ce qui s’y passe, ce qui alimente cette vision d’un monde extrêmement invasif, raison pour laquelle les personnes qui font du 5 ont recours au mécanisme de défense de l’égo nommé isolation, qui consiste – entre autres – à dresser des frontières entre soi et les autres, pour préserver l’intégrité de l’ego. En psychanalyse, ce mécanisme de défense porte le même nom, mais s’étend également à la vie psychique, ce qui s’applique tout autant à la base 5 : l’isolation est le processus psychique par lequel l’individu, pour souffrir le moins possible, isole son coeur de sa tête, ses sentiments de ses pensées, ou rompt la chaîne associative d’un groupe de pensées pour que tout soit compartimenté, et pour garder plus de contrôle sur l’ensemble.

Ainsi, dans le but de compenser leur sensibilité, les individus de Base 5 adoptent parfois une attitude d’indifférence flegmatique ou de supériorité intellectuelle, qui a généralement pour conséquence fâcheuse de créer une distance plus grande entre eux et les autres. Essayer de combler cette distance peut être difficile pour les 5, et ceux qui les côtoient au quotidien se retrouvent bien souvent contraints de prendre l’initiative de maintenir le contact. Lorsque la distance est comblée cependant, les individus qui font du 5 peuvent s’avérer être des amis étonnamment supportifs, et être entièrement dévoués à l’autre en tant que conjoint ou parent.

Ces 5 qui sont intéressés par le développement de relations cherchent avant tout à vraiment connaître leur interlocuteur, au delà de tout masque, de tout faux-semblant, et trouvent fastidieux d’avoir à composer avec les apparences et la trivialité. Ils ont généralement peu de relations, mais celles qu’ils entretiennent ont en règle générale de la profondeur, car elles ne sont pas fondées sur des qualités superficielles.

En tant que personnes objectives, les personnes en base 5 ont tendance à être dans le non-jugement vis à vis de ceux qu’elles aiment, et peuvent accepter les autres tels qu’ils sont, sans qu’ils doivent dissimuler leurs imperfections. Elles ont tendance à vraiment apprécier les quelques rares personnes avec lesquelles elles se sentent réellement en lien. Le défi pour elles est de trouver des personnes avec qui elles peuvent créer de tels liens, quelqu’un avec qui elles peuvent se sentir comme à la maison.

Secret

La plupart des gens qui font du 5 sont très sobres quand il s’agit de l’expression émotionnelle, mais ils ont souvent des sentiments plus forts que ce qu’ils laissent paraître. Peu de gens savent ce qui se passe sous la surface. Il y a plusieurs raisons à cette tendance marquée à la retenue émotionnelle de la base 5.

Tout d’abord, cela est directement lié à la tendance en base 5 de se « détacher» de l’expérience subjective. Rappelons ici que la peur archaïque en Base 5 est d’être sans ressources face à un monde incompréhensible, raison pour laquelle autant d’énergie est consacrée à comprendre le monde. Le mécanisme d’isolation consiste donc à opérer une coupure entre la réalité du vécu subjectif, de l’expérience, et un univers mental plus sécurisant.

Or, comme on a pu le voir, ce mécanisme d’isolation fonctionne également dans leur univers intérieur, et les individus qui font du 5 éprouvent souvent une sorte de coupure entre eux-même et leurs émotions, qui par définition sont incompréhensibles, puisque perpétuellement changeantes et par nature intrinsèquement irrationnelles. Cette coupure interne des ressentis émotionnels a pour objectif de les protéger de la dépression qui guette lorsque surgit la question : « si je ne comprends pas ce qui se passe en moi, alors comment comprendre le monde tout entier et y prendre ma place ? ». En règle générale, cette coupure s’opère en remettant à plus tard le fait de se questionner sur ses propres ressentis et en justifiant ceci par un leurre interne qui consiste à considérer que l’esprit est déjà occupé à gérer d’autres priorités, et que le ressenti du moment peut attendre.

Ensuite, cette tendance à la coupure avec l’univers émotionnel est à mettre en lien avec la croyance d’être émotionnellement vulnérables, et une peur d’être complètement débordés par leurs émotions. Cette coupure est la manifestation d’un manque de détermination à faire face à la réalité intérieure à laquelle ils sont confrontés. Par ailleurs, il n’est pas rare que les personnes de base 5 aient un sentiment généralisé de méfiance lorsqu’il s’agit d’aller faire part de leurs préoccupations émotionnelles à des tiers puisqu’ils « ne peuvent pas comprendre ce que je ne comprends pas moi-même ».

Par ailleurs, les 5 ont également peur d’être intrusifs. Comme ils vivent les manifestations émotionnelles des autres comme étant envahissantes, ils ont peur, s’ils livrent leurs émotions, d’être à leur tour intrusifs et polluants vis à vis des autres.

Et, enfin, comme les individus en base 5 peuvent généralement sentir ce qui se passe chez les autres en dessous de la surface, ils ont inconsciemment tendance à attendre la même chose en retour. Mettre en mots ou manifester physiquement l’existence d’une émotion est parfois-même considéré comme «trop». Naturellement, une telle dynamique conduit souvent à des malentendus, et la sphère des relations intimes n’est généralement pas le domaine de la vie le plus simple à équilibrer pour les personnes en base 5.

Inadéquation

En règle générale, les personnes qui font du 5 ne se considèrent pas comme étant des individus dénués d’émotions aussi sont-ils souvent surpris quand ils se rendent compte de l‘écart entre la perception qu’ils ont d’eux même et celle que les autres ont d’eux. Cette prise de conscience exacerbe souvent cette impression déjà présente en eux d’être des « martiens » et ajoute de l’eau au moulin de leur croyance que les relations humaines sont en quelque sorte essentiellement faussées par un monde irrationnel fondé sur les apparences et dénué de toute logique.

En raison de leur sensibilité et de leurs craintes souvent exacerbées d’être en inadéquation avec ce que le monde attend d’eux, les personnes qui font du 5 peuvent avoir tendance à aborder la vie sous l’angle de la peur, même si cette anxiété n’est pas toujours conscientisée. Elles craignent essentiellement d’être submergées, soit par les sollicitations des autres soit par la force de leurs propres émotions. Elles tentent parfois de régler ce problème en développant un style de vie minimaliste dans lequel elles font peu de demandes aux autres afin qu’en retour, les autres comptent un minimum sur elles. La majorité des individus qui sont de base 5 tente cependant de maintenir une position de compromis entre une vie d’Hermite et le tumulte de la vie en société. Ils acceptent de s’engager plus avant dans le système, mais conservent presque toujours une peur profondément ancrée que celui-ci ne manquera pas d’exiger d’eux beaucoup plus que ce qu’ils ne sont en mesure d’offrir.

Avarice

Dans l’ennéagramme classique, les 5 sont censés incarner la passion d’avarice. De toute évidence, il s’agit d’une utilisation technique du terme, et il est important de souligner que la plupart des 5 ne sont pas matérialistes. Plus que de se référer à une notion de cupidité, ou un désir gourmand de jouir de ce que le monde aurait à offrir, il se réfère surtout à une tendance à « thésauriser », à « retenir », à « garder pour soi ».
Les personnes qui font du 5 ont tendance à ne pas se dévoiler aux autres, à se prémunir de toute implication émotionnelle et parfois même à bannir de leur vie toute forme de légèreté.

Il existe de nombreux individus de cette base qui ont accumulé une immense quantité de connaissances, d’idées et de points de vues sur les changements et réformes à accomplir sur le système, dont ils ne font jamais profiter personne. Quand cela arrive, en somme, c’est comme si leur atout principal, leur talent essentiel, n’était pas employé pour rétablir le lien avec un monde dont ils se sentent pourtant tellement loin, ce qui est source de souffrances et de frustrations. Et il y a encore beaucoup plus de personnes en base 5 qui ne partagent que leurs connaissances, qui ne vont jamais vraiment jusqu’à partager la profondeur ou l’unicité de leur être même dans le contexte de leurs plus proches relations personnelles. Au fond, leur peur les en empêche.

A leur moins bon, des individus en base 5 peuvent devenir trop épris de leurs propres systèmes de pensée. Ils se coupent du monde et des relations interpersonnelles. Ils deviennent de plus en plus détachés, et parfois-même misanthropes. Comme ils deviennent de plus en plus déconnectés de la réalité, leurs systèmes de pensée prennent une teinte plus sombre. Ils ont alors tendance à être attirés par des visions franchement nihilistes du monde ou par des explications réductionnistes, le réductionnisme étant une forme à peine voilée du nihilisme.

Si la compulsion 5 prend une tournure pathologique, la tendance à filtrer l’expérience à travers la lentille d’un cadre théorique rigide est laissée à son libre cours. Cela débouche parfois sur une arrogance intellectuelle extrême et déséquilibrée, où ils tentent de réduire la réalité à un simple système de pensée, et les êtres humains qui l’habitent, à rien d’autres qu’à des produits fébriles issus de cette chaine de production que symbolise une société humaine éminemment défaillante. Les 5 sous l’emprise de ce processus sont de plus en plus provocants, cyniques, vindicatifs, et enfermés dans un monde de projections négatives où ils se sentent être la victime d’un système conçu pour les annihiler.

A l’inverse, les gens qui sont de Base 5 et qui sont en bonne santé psycho-émotionnelle finissent par trouver un moyen de vivre pleinement leur vie, de nouer des relations et de faire grandir le monde autour d’eux par le partage de leurs contributions intellectuelles et personnelles. Ils cessent de craindre d’être submergés par le monde et sont donc en mesure de s’engager plus à fond. Ils cessent d’avoir peur d’être dépassés par la force de leurs propres émotions et deviennent donc capables de développer leur aptitude à donner et à recevoir de l’amour.

Résumé du profil de Base Cinq

Source : http://www.promouvoir-enneagramme.com/index.php?rubrique=3040

Les niveaux épanouis

Niveau 1 (à leur meilleur) : Deviennent visionnaires, appréhendent le monde dans son ensemble tout en le pénétrant en profondeur. L’esprit ouvert, prenant les choses dans leur globalité et dans leur contexte. Font des découvertes et trouvent de nouvelles manières de faire ou de percevoir les choses.

Niveau 2 : Observent tout avec une perception aigue et pénétrante. Mentalement, ils sont alertes, curieux, cherchent l’intelligence, rien n’échappe à leur attention. Prévoyance et prédiction. Capables de se concentrer : ils sont absorbés par ce qui a retenu leur attention.

Niveau 3 : Maîtrisent tout ce qui a attiré leur intérêt. Excités par le savoir, ils deviennent souvent experts d’un domaine. Innovateurs et inventifs, ils réalisent des travaux extrêmement valables et originaux. Très indépendants, particuliers et fantaisistes.

Les niveaux moyens

Niveau 4 : Ils commencent à conceptualiser et perfectionner tout avant d’agir – ils font d’abord marcher les choses dans leur esprit, construisent un modèle, se préparent, pratiquent, et rassemblent plus de ressources. Studieux, acquérant des techniques, ils se spécialisent, sont souvent « intellectuels », remettent souvent en question les manières convenues de faire des choses.

Niveau 5 : De plus en plus détachés à mesure qu’ils sont plongés dans des idées compliquées ou dans des mondes imaginaires. Ils deviennent préoccupés de leurs visions et de leurs interprétations plus que de la réalité. Fascinés par les sujets excentriques ou ésotériques, et même par les choses sombres ou perturbantes. Détachés du monde pratique, « un esprit sans corps », bien qu’ils soient tendus et intenses.

Niveau 6 : Ils commencent à s’opposer à tout ce qui interfère avec leur monde intérieur et leur vision personnelle, et deviennent provocateurs et abrasifs, prenant sans le vouloir des positions extrêmes et radicales. Cyniques et raisonneurs.

Les Niveaux pathologiques

Niveau 7 : Ils se retirent et s’isolent de la réalité, sont excentriques et nihilistes. Extrêmement instables et ayant peur des agressions, ils rejettent et repoussent les autres et tous les liens sociaux.

Niveau 8 : Obsédés, mais effrayés par leurs idées menaçantes, ils deviennent horrifiés, délirants, et sont la proie de perceptions extrêmement bizarres et de phobies.

Niveau 9 : Cherchant à se faire oublier, ils peuvent se suicider ou avoir une perception psychotique de la réalité. Dérangés, ils sont violemment autodestructeurs, avec des tendances schizophrènes. Correspondent en général à des troubles de la personnalité du type schizoïde, prostré et schizophrène.

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