De 3 Centres à 9 Bases Ennéagramme

Pour passer de trois centres à neufs bases ennéagramme (3 bases par centre ou « triade »), il est judicieux de se poser la question du regard que nous posons sur l’origine du déclencheur de nos états de stress.

La distinction des points d’une triade (= les 3 bases ennéagramme dans un centre donné) va alors se faire sur le principe du focus d’attention, ou orientation de l’énergie, du centre principal.

L’expression de chaque centre peut être :

  • Extériorisée (on parlera de Focus d’attention sur l’extérieur)
  • Intériorisée (on parlera de Focus d’attention sur l’intérieur)
  • Réprimée (on parlera d’absence de Focus d’attention)

Dans le centre instinctif :

  • La base ennéagramme 8 extériorise sa colère. Elle se veut plus forte que les autres, elle agit dans le monde en le dominant, et en faisant preuve d’agressivité.
  • La base ennéagramme 1 intériorise sa colère. Elle a une représentation idéale de ce que devrait être le monde et agit pour se rapprocher de cet idéal.
  • La base ennéagramme 9 réprime sa colère, comme elle réprime le centre instinctif, et, de ce fait, devient passive.

Dans le centre émotionnel :

  • La base ennéagramme 2 extériorise son centre émotionnel. Elle est centrée sur les sentiments et les besoins des autres. C’est en les satisfaisants qu’elle définit son identité.
  • La base ennéagramme 4 intériorise son centre émotionnel. Elle considère en priorité ses propres sentiments. C’est au moment où ceux-ci sont forts qu’elle se sent vivre.
  • La base ennéagramme 3 réprime son centre émotionnel. Au lieu de connaître ses émotions et celles des autres, elle s’intéresse au résultat de ses actions et de celles des autres, et à l’atteinte des objectifs. Son image devient son identité.

Dans le centre mental :

  • La base ennéagramme 5 attribue la cause de son anxiété au monde extérieur. Elle va chercher à le comprendre pour se l’expliquer avant de pouvoir s’y impliquer.
  • La base ennéagramme 7 cherche à l’intérieur d’elle même les solutions pour apaiser son anxiété. Ceci la pousse à toujours fuir dans l’imagination de meilleurs possibles.
  • La base ennéagramme 6 réprime son centre mental, elle accepte les idées et normes du groupe auquel elle appartient, et doute d’elle même.
Enneagramme_Bases_PEARL

En synthèse

source : http://www.promouvoir-enneagramme.com/index.php?rubrique=3030

Chaque type a une façon particulière de s’adapter à l’émotion dominante de sa triade. On peut voir rapidement ce que cela signifie en examinant chaque type, centre par centre.

Dans le centre de l’instinct, les Huit agissent à partir de leur colère et de leurs énergies instinctuelles. Autrement dit, quand les Huit sentent la colère monter en eux, ils y répondent immédiatement par un moyen physique, en élevant la voix ou en se déplaçant de façon plus volontaire. Les autres peuvent voir clairement que les Huit sont en colère du fait que ceux-ci s’autorisent à exprimer physiquement leur colère.

Les Neuf refusent de voir leur colère et leur énergie instinctuelle, comme s’ils disaient : « Quelle colère ? Je ne suis pas quelqu’un qui se met en colère. » Les Neuf sont les plus déconnectés de leur colère et de leur énergie instinctuelle, qu’ils considèrent souvent comme les menaçant. Bien sûr, les Neuf se mettent en colère comme les autres, mais ils cherchent à échapper à leurs sentiments les plus sombres en se focalisant sur une vision idéalisée de leurs relations et de leur monde.

Les Un essaient de contrôler ou de réprimer leur peur et leur énergie instinctuelle. Ils sentent qu’ils doivent en toutes circonstances garder le contrôle sur eux-mêmes, en particulier de leurs sentiments de colère et de leurs pulsions instinctives. Ils aimeraient rediriger ces énergies selon les exigences de leur critique interne (surmoi) qui est très développé, et qui est la source des contraintes qu’ils imposent à eux-mêmes et aux autres.

 

Dans le centre du ressenti, les Deux tentent de dominer leur honte en se faisant aimer des autres, et en faisant en sorte que les autres pensent qu’ils sont de bonnes personnes. Ils veulent aussi se convaincre eux-mêmes qu’ils sont bons et aimants en se focalisant sur leurs sentiments positifs à l’égard des autres, et en réprimant leurs sentiments négatifs (tels que la colère et le la rancœur de ne pas être appréciés suffisamment). Tant que les Deux arrivent à obtenir des réponses émotionnelles positives des autres, ils se sentent nécessaires et sont capables de contrôler leurs sentiments de honte.

Les Trois essaient de nier leur honte, et sont potentiellement les plus déconnectés de leurs sentiments d’imperfection. Ils apprennent à s’adapter à la honte en essayant de devenir ce qu’ils estiment être une personne de valeur, qui réussit. Donc, les Trois apprennent à être performants, à être acceptables, exceptionnels même, et ils sont souvent animés par une infatigable poursuite du succès qui est pour eux le moyen de mettre de côté leurs sentiments de honte et leur peur de l’échec.

Les Quatre tentent de contrôler leur honte en se focalisant sur le côté unique et spécial de leurs talents, de leurs sentiments et de leurs caractéristiques personnelles. Les Quatre mettent en avant leur individualité et leur créativité afin de s’accommoder de leur sentiment de honte, bien qu’ils soient les plus enclins à se sentir inadéquats. Les Quatre gèrent leur honte en cultivant une vie imaginaire riche, romantique, dans laquelle ils n’ont pas besoin de se confronter à tout ce qui, dans leur vraie vie, leur apparaît comme une corvée ou sans intérêt.

 

Dans le centre cérébral, les Cinq sont anxieux du fait du monde externe et de leur (in)capacité à l’affronter, et ils s’accommodent de leurs peurs en se retirant du monde. Les Cinq deviennent des solitaires, secrets et isolés, qui utilisent leur esprit pour pénétrer la nature du monde. Ils espèrent qu’un jour, quand ils comprendront la réalité selon leurs propres termes, ils seront capables de rejoindre le monde et d’y prendre part, mais ils ne sentent jamais qu’ils en savent assez pour participer en totale confiance ; au contraire, ils s’investissent dans des mondes intérieurs de plus en plus complexes.

Les Six sont le type le plus anxieux, et les plus déconnectés de leur sentiment intime de savoir et d’avoir confiance. A la différence des Cinq, les Six ont du mal à faire confiance à leur propre intellect, et donc ils sont constamment à la recherche de quelque chose en dehors d’eux qui les rassure. Ils pourront se tourner vers les philosophies, les croyances, les relations, le métier, les économies, l’autorité, ou toute combinaison de ce qui précède, mais quelque soit le nombre de structures de sécurité qu’ils créent, les Six restent anxieux et en proie au doute. Ils peuvent même se mettre à douter des mêmes personnes ou croyances vers lesquelles ils s’étaient tournés pour se rassurer. Les Six peuvent aussi répondre à leur anxiété en la confrontant de manière impulsive, en défiant leur peur dans un effort pour s’en libérer.

L’anxiété des Sept a pour objet leur monde interne. Il y a des sensations de douleur, de perte, de privation, et une anxiété générale dont les Sept voudraient rester aussi loin que possible. Pour s’accommoder de ces sensations, les Sept gardent l’esprit occupé par des possibilités et des options excitantes : tant qu’ils ont en vue quelque chose de stimulant, les Sept sentent qu’ils peuvent se distraire de leurs peurs. Cependant, dans la plupart des cas, ils ne se bornent pas à penser à ces options : autant que possible ils tentent d’en réaliser le plus possible. Et donc, on trouvera les Sept sur la brèche, à la poursuite d’une expérience ou d’une autre, occupés à rester engagés et distraits par leurs multiples idées et activités.

Dynamique de construction des Bases Ennéagramme

Du fait du centre préféré et du focus d’attention (sens de la flèche qui part du centre grisé), chaque personnalité est amenée à développer une croyance de base.

  • Ex pour la Base 1 : « Toute erreur que je pourrais commettre pourrait m’être fatale »

De cette croyance découle une peur de base.

  • Ex pour la Base 1 : Etre corrompu, immoral, mauvais

Il met alors en place un désir de base qui va lui permettre d’ « éloigner sa peur ».

  • Ex pour la Base 1 : Etre intègre

Pour mettre en oeuvre ce désir de base, il va développer un ensemble de valeurs selon lesquelles vivre afin de tendre vers la réalisation de ce désir, une orientation.

  • Ex pour la Base 1 : Rigueur personnelle, idéal d’excellence

Revendiquant lesdites valeurs, il va en développer une fierté spécifique.

  • Ex pour la Base 1 : Je suis droit, je suis travailleur

Afin de se garantir de rester dans l’orientation ainsi définie, il va développer une compulsion, qui est une stratégie inconsciente d’évitement de certaines situations dans lesquelles son orientation pourrait être questionnée. La compulsion, c’est ce qu’il va éviter à tout prix.

  • Ex pour la Base 1 : Eviter les erreurs (en particulier la colère)

Le corollaire de cette compulsion est une quête, ce que l’on recherche.

  • Ex pour la Base 1 : Perfectionnement

Afin de se garantir que cette chose évitée à tout prix ne fait pas surface dans sa vie, notre sujet va utiliser un mécanisme de défense spécifique selon la base ennéagramme.
Ex pour la Base 1 : la Formation réactionnelle, qui consiste à prendre une émotion ou un élan inacceptable et l’exprimer de manière différente ou opposée

Plus la compulsion est présente et « pilote » l’individu, moins ce dernier est libre de ses choix. Il va adopter des comportements prévisibles et stéréotypés qui peuvent parfois tendre vers le dysfonctionnel. Ce processus inconscient et progressif de « descente aux enfers » est appelé désintégration.

Quand, au contraire, l’individu prend conscience de sa compulsion, voire commence à la maîtriser, il reprend les rênes et devient libre de ses choix. Ce processus est appelé intégration.

La compulsion engendre des travers de personnalité, que l’on appelle « passion » sur le plan émotionnel et « fixation » sur le plan mental. La passion est l’émotion principale vécue par un individu quand il est sous l’emprise de sa compulsion. La fixation est un attachement à un mode de satisfaction, un jeu de croyances dont il est difficile de s’extraire.

  • Ex pour la Base 1 : La passion est la colère, la fixation est le ressentiment et le perfectionnisme.

Par contre, plus l’individu s’intègre, plus il accède au pendant positif de son mode de fonctionnement.
Sur le plan émotionnel, il accède à sa vertu. Sur le plan mental, il accède à son idée supérieure.

  • Ex pour la Base 1 : La vertu est la patience, l’idée supérieure est la perfection.

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